Publicat: 2 Februarie, 2012 - 14:09
(articol în limba franceză)

Timp de decenii, în Irak şi Siria, Saddam Hussein şi Hafez al-Assad - precum şi fiul său Bashar - au exercitat o putere de necontestat.

Ils ont maté toutes les formes d’opposition et fait taire les voix dissidentes au sein même du régime, rendant ainsi impossible tout débat réel sur des choix stratégiques. Encensés par des médias à la solde, les tyrans s’aveuglent aussi bien sur leur popularité que sur des réalités internationales complexes, ce qui les conduit à prendre des décisions désastreuses.

Même s’il est toujours difficile de comparer les processus de décision politique, le fait que l’Irak et la Syrie aient été contrôlés par le parti Baas (le premier de 1968 à 2003, la seconde depuis 1970) et aient eu les mêmes références idéologiques permet de dégager des traits communs. Les deux régimes ont créé une bureaucratie centralisée intégrant les services de sécurité et dominée par le président. Que ce soit à Bagdad ou à Damas, les branches du parti Baas ont agi comme un instrument de contrôle des masses. Des retranscriptions des réunions du conseil de commandement régional du parti et des enregistrements du Conseil de commandement de la révolution (CCR) dirigé par Saddam Hussein donnent un aperçu saisissant de la manière dont les décisions se prenaient à Bagdad.

Le système fonctionnait avec peu d’ordres écrits. Les dirigeants du parti, les membres du CCR et les officiers supérieurs participaient aux débats ; mais si Saddam Hussein n’était « pas convaincu » par leurs arguments, la proposition initiale demeurait inchangée. Ce processus d’imposition du haut vers le bas était encore plus rigide dans le domaine militaire, pour lequel le président irakien n’avait pourtant aucune compétence (M. Bachar Al-Assad, contrairement à feu son père, Hafez Al-Assad, n’a pas non plus de formation militaire).

Le fonctionnement pyramidal s’est traduit par une aversion croissante pour les mauvaises nouvelles — Saddam Hussein ressemblant, de ce point de vue, à beaucoup d’autres tyrans dans le monde. Lors d’un symposium en pleine guerre du Golfe (1991), en présence de hauts responsables militaires, il affiche son mépris à l’encontre de ceux qui émettent des doutes sur les capacités du pays : « Je n’autoriserai pas de points de vue pessimistes, seulement des points de vue positifs. »

En Irak — et il en va de même, dans une certaine mesure, pour la Syrie de M. Al-Assad —, il était difficile de s’opposer au président. Les enregistrements des réunions soulignent la flagornerie qui dominait, bloquant toute discussion sérieuse (...).

Autor: Joseph Sassoon, Le Monde diplomatique