Publicat: 7 Februarie, 2013 - 07:35

În America Latină pe 30 ianuarie a început un proces împotriva fostului dictator din Guatemala Efrain Rios Montt și fostul șef al armatei secrete José Mauricio Rodriguez Sanchez.
Une première en Amérique latine : le 30 janvier s'est ouvert un procès pour « génocide et crimes contre l'humanité » à l'encontre de l'ancien dictateur guatémaltèque Efraín Ríos Montt et de l'ex-responsable des renseignements militaires José Mauricio Rodríguez Sanchez.

Le général putschiste Ríos Montt dirigeait le pays depuis un an lorsque, le 14 mars 1983, un reporter du New York Times rend compte de son séjour dans le pays : « Nous n'avons cessé d'entendre la même histoire : des soldats du gouvernement en uniforme arrivent dans un village, rassemblent les hommes et les femmes et les mitraillent. Mais, apparemment, ils ne gaspillent pas leurs balles à tirer sur des enfants. Ils les attrapent par les pieds et leur écrasent la tête contre un mur. Ou encore, ils leur nouent une corde autour du cou jusqu'à ce que mort s'ensuive par strangulation. Nous avons entendu parler d'enfants jetés en l'air puis passés à la baïonnette ». Pour se justifier, Ríos Montt se contente de répondre : « Nous ne pratiquons pas une politique de la terre brûlée, mais une politique de communistes brûlés ».

Ríos Montt est à son tour renversé en août 1983. Pourtant, son nom reste associé à la période la plus sanglante de la guerre civile guatémaltèque (près de quarante ans et environ deux cent mille morts et disparus), au cours de laquelle les militaires guatémaltèques reçurent l'aide active de la Central Intelligence Agency (lire la recension de Maurice Lemoine, « Michèle Firk est restée au Guatemala. Portrait d'une cinéaste en armes. », Le Monde diplomatique, mars 2005). Après tout, Washington n'avait-il pas décidé le renversement du président Jacobo Arbenz, élu en 1951, coupable d'avoir promulgué une réforme agraire ayant conduit à l' expropriation partielle de la compagnie bananière United Fruit ?

Trois ans après la signature des accords de paix de décembre 1996, la Fondation Rigoberta Menchú déposait une plainte pour « génocide, tortures et crimes contre l'humanité » contre Ríos Montt, devant les tribunaux espagnols. Sans succès.

A l'époque, l'oligarchie terrienne « a tout intérêt à voir se perpétuer le chaos », écrivait Maurice Lemoine dans nos colonnes, en mai 1996. Sous l'effet d'une singulière réconciliation entre les acteurs du conflit - à l'exception de l'Union révolutionnaire nationale guatémaltèque (URNG) -, le Guatemala est devenu peu à peu « le pays où la droite est reine  ». L'impunité s'est installée, tout comme la criminalité organisée : la violence a dépassé le niveau q u'elle avait atteint durant le conflit armé.

Après un premier frémissement en octobre 2012, l'ouverture du procès contre Ríos Montt et Rodríguez Sanchez signe un premier succès pour les organisations de défense des droits humains et de lutte contre l'impunité dans le pays.

Lire la suite de cet article et des articles de référence parus dans « Le Monde diplomatique » :
Guatemala : un dictateur poursuivi, un président inquiété

Sursă: Le Monde diplomatique